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Principal à l'English National Ballet, Vadim Muntagirov est l'une des Étoiles qui participent au Gala Noureev & Friends. À seulement 23 ans, il danse à Londres avec Tamara Rojo, à l'American Ballet Theatre, et a reçu le 21 mai dernier un prestigieux Benois de la danse. Rencontre après une répétition, où le danseur évoque Noureev, sa jeune et déjà remplie carrière, et ses aspirations. 

Interview réalisée par Impressions danse. 

 

Qu’est-ce que Rudolf Noureev représente pour vous ? Est-ce un modèle d’inspiration ?

Rudolf Noureev est un grand danseur, c’est une légende. Personne ne danse comme lui. Ce qui est très intéressant, c’est qu’il avait un style très personnel. On n’essaie pas de le copier, mais cela fait travailler sur soi. Je pense que de nos jours, beaucoup de gens font comme tout le monde. Il y a aussi de bons danseurs mais ils n’ont pas ces différentes personnalités.

Il faut voir Noureev et Baryschnikov, ils sont très différents, je suis sûr que Noureev ne voulait pas danser comme Baryschnikov et que Baryschnikov ne voulait pas danser comme Noureev. Ils avaient leurs propres styles. J’admire Noureev parce qu’il avait un style très particulier, il faisait ses propres choix, il créait ses productions, il dansait les pas qu’il pensait être les meilleurs. J’aime ça.

 

Pourquoi avez-vous accepté de danser à ce Gala Noureev & Friends ?

Cela fait plaisir d’entendre que quelqu’un aimerait que vous participiez à ce gala. C’est un peu intimidant aussi, parce que ce n’est pas n’importe quel spectacle, c’est un gala en hommage à Noureev. Il y a toujours des vidéos de lui, on sait ce qu'il représentait.

 

Une dizaine de grandes Étoiles internationales sont présentes au Gala Noureev & Friends. Certaines sont des sources d'inspiration pour vous ?

C’est très important d’être inspiré par d’autres danseurs. Ce ne sont pas de simples danseurs, ce sont de grandes Étoiles, pour moi c’est intéressant de les voir danser. C’est difficile quand on danse d’aller les regarder, mais si le gala est filmé, je pourrai les voir. Rien que le fait de prendre la classe avec eux, c’est important, de voir la façon dont ils travaillent, leurs personnalités...

 

Que dansez-vous lors de ce gala ?

Je danse le pas-de-deux du Corsaire. Personnellement, ce spectacle est aussi spécial parce que l'on n'a pas encore ce ballet dans notre compagnie (ndlr : l'English National Ballet). C’est une chance unique pour moi d’aller sur scène et de danser ce rôle, on ne le danse pas beaucoup. On entend souvent la musique, mais à chaque fois, on va sur scène pour danser autre chose !

 

Vous dansez ce pas de deux avec Alexandra Timofeeva, du Ballet du Kremlin. Comment se sont passées les répétitions ?

Nous avons eu notre première répétition la veille du gala, le 30 mai, dans un studio à Elephant Paname. C'est la première fois que nous dansons ensemble. J’étais allé une fois au Ballet du Kremlin pour interpréter Le Lac des Cygnes mais je dansais avec une autre danseuse. Nous avons seulement pris la classe ensemble. Nous devons tous les deux être professionnels, nous accorder et faire que cela arrive en peu de temps. Le plus important c’est comment va se passer le spectacle. Je prends beaucoup de plaisir à la scène, pendant la représentation, d’être en scène.

Je pense que tous les danseurs qui participent à des galas sont des professionnels, c’est notre travail de savoir répéter aussi vite. Parfois vous allez quelque part et vous dansez avec un partenaire de votre compagnie, parfois votre partenaire vient d’une autre troupe.

 

Vous avez reçu un Benois de la danse en mai, l'une des plus prestigieuses récompenses du monde du ballet, à seulement 23 ans. Qu’est-ce que cela signifie pour vous ?

En fait, quand je suis allé à Moscou, je ne pensais pas au prix. Ce qui était stressant pour moi, c'était que j’allais danser sur la scène du Bolchoï ! C’était excitant, c’est une grande et belle scène, et quand on pense à tous les danseurs de légende qui ont dansé dans ce théâtre... Je pensais le moins possible au prix. Lorsque je l’ai reçu, j’étais heureux mais on n’arrête pas de travailler parce qu’on a reçu un prix, on n’en travaille que plus. On ne se dit pas : "OK, j’ai atteint un but, je peux me détendre maintenant". Cela pousse au contraire à travailler encore plus dur, car on sent qu’on est sur la bonne voie, donc on continue.

 

Pour revenir sur votre parcours, comment avez-vous commencé la danse ?

J’ai commencé à la danse à six ans dans mon école primaire, nous avions quelques classes de danse assez basiques. Après, je suis entré dans une école professionnelle, l’École du Ballet de Perm. Mes parents sont des danseurs et danseuses Étoiles en Russie et ma sœur est danseuse soliste au Ballet de Perm, mais ils ne m’ont pas vraiment poussé. Ma sœur était en dernière année d’école lorsque j’étais prêt à la rejoindre, j’ai donc fait ma valise et j’y suis allé... Mais je ne savais pas que ce serait si dur ! J’avais neuf ans et on m’a mis dans un train, j’étais tout seul, c’était la première fois que j’allais dormir sans mes parents. Les deux premières années ont été très difficiles, je pleurais tous les jours. C’était dur, déjà d’être tout seul, de devoir soi-même aller manger, laver ses vêtements, d’être très indépendant. Mais on prend l’habitude.

 

Pourquoi avoir choisi d’aller ensuite à Londres ?

Quand j’ai participé au Prix de Lausanne en 2006, j’ai gagné une bourse pour étudier un an à la Royal Ballet School. A la fin de l’année, ils m’ont dit que si je le voulais, je pouvais rester jusqu’à la fin du cursus. Je ne me suis pas dit : "OK, je vais aller à Londres pour y rester et y vivre". J’ai juste pensé que, comme j’avais été formé en Russie pendant six ans, j’avais envie d’aller à Angleterre voir comment ils travaillaient, peut-être que j’y apprendrais des choses nouvelles et que ça serait bénéfique pour moi. J’ai aussi aimé la ville.

C’était difficile pour moi de m’habituer à la technique anglaise, très différente de la technique russe. Tout va deux fois plus vite, on doit se coordonner plus vite donc on se concentre moins sur les grands sauts. Après trois ans à la Royal Ballet School, j’étais content d’être ici car c’était une bonne chose d’apprendre à la fois la technique russe et la technique anglaise : cela vous rend plus fort. Je pense que les grands artistes ont leur propre technique.

 

Pourquoi avoir choisi d’entrer à l’English National Ballet ?

À la fin de ma troisième et dernière année d’étude, le directeur de l’English National Ballet de l’époque, Wayne Eagling, est venu avec Maina Gielgud, sa maîtresse de ballet, assister à une représentation de l’école. Nous dansions des pas de deux, c’était une sorte d’examen. Après qu’il m’ait vu, il m’a dit que si je voulais rejoindre l’English National Ballet, il aimerait me donner le rôle principal d'Albrecht, dans Giselle, au London Coliseum – c’est l’un des plus grands théâtres de Londres, où la compagnie donne ses représentations. J’étais très emballé donc j’ai dit oui.

 

Est-ce que les choses ont changé à l’English National Ballet  avec l’arrivée de Tamara Rojo comme directrice artistique ?

Oui, c’est très différent et les danseurs et danseuses doivent s’adapter. C’est ma quatrième année dans la compagnie, donc pour moi c’est la première fois que la direction artistique change, je n’ai pas l’habitude. On s’habitue à son premier directeur, et quand il change il faut s’adapter, mais je pense qu’elle fait du bon travail. J’ai dansé La Belle au Bois Dormant avec elle cette saison. Elle travaille dur.

Vadim Muntagirov et Tamara Rojo - La Belle au bois dormant

 

Votre partenaire de prédilection depuis votre arrivée dans la compagnie est Daria Klimentova (étoile à l’English National Ballet). Pouvez-vous expliquer ce qui rend votre partenariat si spécial ?

C’est difficile à dire, je ne sais pas comment le public le perçoit. J’aime beaucoup danser avec elle car quand nous sommes sur scène, c’est très facile de danser. Ce que je ressens lorsque je danse avec elle, c’est que je ne suis pas en représentation, je ne suis pas en train de faire des pas, j’oublie tout et je vis le rôle. Pour moi c’est très enthousiasmant. Nous avons l’habitude de danser ensemble donc je ne suis pas du tout stressé, je n’ai pas besoin de réfléchir une seconde et de me demander si ça va marcher, je suis à 100% et je me fais plaisir. C’est peut-être ça qui fait que ça fonctionne.

Daria Klimentova m’aide car elle a beaucoup d’expérience. Elle est très gentille, si je me trompe, elle trouve toujours une manière agréable de me dire comment je devrais faire. Nous nous entendons très bien en dehors de la danse, nous ne faisons pas que travailler, c’est aussi tout ce qui se passe à côté. Donc quand on rentre dans le studio, on est détendu, on sent qu’on peut se laisser aller, qu’on peut plaisanter, qu’on peut parler, on n’est pas crispé.

 

L’English National Ballet donnera une nouvelle production du Corsaire la saison prochaine. Pouvez-vous en dire plus, est-ce un projet qui vous plait ?

Je pense que tous les danseurs l’attendent avec impatience ! Ce sont des rôles très difficiles, j’ai vu le DVD, je n’ai jamais dansé le ballet complet. Surtout pour les garçons, dans chaque représentation, il y a quatre grands rôles masculins. Ça va être une bonne expérience et ça va nous aider à rester en forme, car nous allons partir en tournée dans toute l’Angleterre, donner onze représentations par semaine... et nous n’avons pas beaucoup de danseurs, surtout masculins. Par exemple, je ne sais pas encore quels rôles je vais danser mais on m’a dit que j’allais apprendre deux rôles, donc j’en danserai un rôle un jour et l’autre le lendemain.

 

Vous avez aussi été invité à danser avec l’American Ballet Theater. Pouvez-vous raconter cette expérience ?

J'ai dansé l'année dernière La Bayadère et Le Lac des Cygnes avec eux. C’était une belle expérience car l’ABT est un grand nom et il y a eu, et il y a toujours, beaucoup de stars là-bas. Lorsque je les ai rejoins, c’était comme si chaque second danseur était une légende, une grande Étoile, un grand nom. Prendre la classe avec eux, toute cette atmosphère, c’est une super expérience. C’est impressionnant, de plus ils ont des grands professeurs comme Natalia Makarova, Irina Kolpakova et Kevin McKenzie. J’ai beaucoup aimé le travail avec les professeurs car ce sont des artistes : ce n’est pas que du travail sur les pas, c’est aussi un travail sur le personnage et la personnalité.

 

Comment voyez-vous votre carrière future ?

Je ne fais pas de grands projets, j’avance plutôt au jour le jour. J’aime danser avec plusieurs compagnies en même temps, c’est une bonne expérience. Pour moi ce ne serait pas si bien de rester à un seul endroit parce qu’on s’y habitue et qu’on sent qu’on ne s’améliore pas, on ne regarde pas le monde entier. Je pense que je ne resterai pas à l’English National Ballet si ça voulait dire y rester toute l’année, sans jamais aller autre part, comme participer à ce gala ou être invité à l’ABT. C’est une chance de rencontrer d’autres danseurs, de voir leur niveau et de revenir plus inspiré. J’essaie de le faire souvent, mais c’est un peu plus difficile maintenant. Il n’y a pas beaucoup de garçons à l’English National Ballet, donc bien sûr Tamara Rojo veut que je sois là et que je danse, mais je fais de mon mieux.

 

Tamara vous a nommé danseur Étoile sur scène cette saison, une tradition initiée par Noureev à l’Opéra de Paris, qui ne se faisait pas avant à l’English National Ballet. Quel effet cela vous a fait ?

C’était vraiment un choc ! Parce que ça s’est passé sur scène... C’était super, mais c’est la même chose que pour le Benois, ça ne me fait pas penser que j’ai atteint un but et que, parce que je suis Étoile maintenant, je peux me relâcher. Je n’y pense pas beaucoup, je veux juste prendre du plaisir quand je danse et quand je suis sur scène. C’est plus important pour moi que le rang dans la compagnie.

 

Gala Noureev & Friends, les 31 mai et 1er juin au Palais des Congrès.

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Depuis que Rose est née, je me remets beaucoup en question et j’essaye autant que possible de suivre mon instinct. J’ai vraiment besoin de suivre cette fameuse intuition qui me pousse depuis le début à faire ce qui me semble le plus naturel et le meilleur pour Rose ET moi, ainsi bien sur que son papa.

Mais depuis sa naissance, j’ai remarqué que nombreuses sont les mamans qui se sentent jugées, ou qui culpabilisent, ou qui jugent aussi parfois… Et j’avoue que je trouve ça vraiment dur.

Je sais bien que je partage ici des idées, des façons de faire qui ne conviennent pas à toutes. Mais c’est avant tout mon espace à moi. Celui qui reflète mes goûts, mes envies, mes convictions. Libres à celles qui sont dérangées par mes partages de ne plus me suivre.

Alors je voulais partager quelques mots sur ce sujet. Je ne sais pas trop comment l’aborder, je sens que cela ne va pas vraiment ressembler à quelque chose, mais croyez le, cela viendra du coeur.

 

Aux mamans qui se sentent jugées, et qui culpabilisent

 

Je partage beaucoup sur la maternité sur les réseaux sociaux, sur ce blog. Je parle de ce qui me tiens à coeur, de ce que je vis, je partage aussi des conseils par rapport à ma propre expérience…  Et c’est ce qui est à retenir ici, MA propre expérience! Cela ne veut aucunement dire que ce que je fais est le mieux, le meilleur. Mais uniquement ce qui me convient à moi et ma fille.

Je me rappelle d’une maman sur Facebook, tout au début de mes partages sur la maternité, qui venait critiquer tous mes posts en disant “mais c’est n’importe quoi, vous allez faire culpabiliser toutes les mamans…” alors qu’à l’époque je disais que j’étais perdue de voir ma fille tant pleurer, et que je la portais toute la journée car il était hors de question pour moi de la laisser pleurer….  Alors je voulais vraiment mettre les choses au clair dans cet article, parce que mon blog je le vois avant tout comme un espace de partage et de bienveillance.

Par exemple, l’allaitement.Alors que je ne savais pas trop si j’allais allaiter ou pas pendant ma grossesse (même si j’en avais très envie) je l’ai vécu comme une évidence à sa naissance. Il était hors de question que je lui donne du lait en poudre. Je voulais absolument l’allaiter, même si c’était hyper difficile (je vous avais parlé de mon début d’allaitement difficile, et partagé aussi des conseils pour surmonter les difficultés de l’allaitement).

-> J’ai donc partagé beaucoup de conseils sur l’allaitement (et je vais continuer, parce que j’ai envie d’allaiter ma fille si possible jusqu’au sevrage naturel). Je pense sincèrement que le lait maternel est ce qu’il a de meilleur, parce que c’est ce qu’il y a de plus naturel. MAIS, je comprends tout à fait que toutes les femmes ne puissent pas ou ne veuillent pas allaiter leur enfant, et JE NE LES JUGE PAS.

Par contre, je continuerai à prôner l’allaitement sur ce blog et sur les réseaux sociaux. Je publie aussi de temps en temps des photos de moi en train d’allaiter, car il me tiens à coeur de normaliser l’allaitement. Je suis encore vraiment choquée de voir le rapport qu’ont les gens avec cet acte si naturel, alors qu’on voit des seins nus partout, il n’y a qu’à aller sur la plage en été!

 

Et aussi, le cododo. Rose est un bébé qui dort très mal. Depuis sa naissance on a eu un mois de répit (où elle ne se réveillait qu’une fois par nuit, de ses 3 à 4 mois). Elle s’est réveillée toutes les heures avant, et depuis c’est au minimum 6 fois par nuit (les bonnes nuits). J’ai toujours été pour le cododo, même avant sa naissance, parce que je pense qu’un tout petit bébé est rassuré auprès de ses parents.

MAIS, je comprends tout à fait qu’on ne puisse pas tous dormir avec son bébé. Beaucoup de nos amis ne supportent pas d’entendre le bébé par exemple (ça a été le cas de mon mari au tout début d’ailleurs), et là aussi JE NE JUGE PAS ceux qui font autrement.

 

Ou encore, le “laisser pleurer”. Sur le même sujet, nous n’avons jamais laissé pleurer Rose. D’une, parce que mon coeur de maman ne le supporterai honnêtement pas. Et de deux, parce que je suis contre. Je pense que si bébé pleure, c’est qu’il a besoin de nous.

MAIS, quand je partage sur ce sujet, je ne le fais pas pour culpabiliser les mamans qui n’en peuvent plus, qui sont épuisées, dépassées, qui ne trouvent plus d’autres solutions et qui laissent pleurer leur bébé.

Je ne suis pas d’accord avec cela, mais pour autant, JE NE JUGE PAS et je n’essaye JAMAIS de culpabiliser qui que ce soit.

 

A ceux qui jugent

 

De la même manière, j’ai moi aussi souffert de me sentir jugée, alors que j’essaye tout simplement de faire de mon mieux… “On ne peut pas être une mère parfaite tu sais…”, je l’ai entendu plusieurs fois. Mais je n’essaye pas d’être parfaite, juste de faire ce qui me semble le mieux pour Rose, pour nous.

Revenons sur les trois sujets abordés précédemment.

L’allaitement tout d’abord. Combien de fois j’ai entendu: “Mais pourquoi tu te mets autant la pression?” Surtout au début, quand c’était difficile. “L’allaitement mixte, c’est bien aussi”, “Lui donner un biberon tu sais, ce n’est pas si mal”. Ou encore ” Et le papa, comment il profite de sa fille?” .”Mais tu l’as encore au sein? Elle tête combien de fois par jour?”. Et celle là je l’ai encore souvent “Mais pourquoi tu ne lui donnes pas une tétine?”. Alors que j’avais juste besoin qu’on m’encourage en fait. C’était vraiment dur d’entendre tout ça au début de mon allaitement, parce que je faisais ce qui me paraissait le meilleur pour ma fille, et je n’avais absolument pas besoin qu’on vienne me dire que le lait en poudre conviendrait tout aussi bien (ce qui est faux en plus!).

Et aujourd’hui, alors que je souhaite de tout mon coeur allaiter jusqu’au sevrage, je passe bien trop souvent pour une maman qui en fait trop, une maman qui se met trop la pression, une hippie aussi parfois… Alors que je ne vois ici qu’un acte si naturel, quelque chose que je vis avec amour, qui m’apporte beaucoup de bonheur.

C’est certes fatiguant, pas la norme, mais c’est bien ce que la nature a prévu à la base pour nos petits et c’est ce que je veux nous offrir à toutes les deux. Et pour être honnête, c’est aussi tout ce que je sais faire. Je ne me vois tellement pas préparer des biberons, parce que je ne l’ai jamais fait! C’est la simplicité aussi pour moi d’allaiter!

 

Le cododo.  “Elle ne dormira jamais sans toi”, “Laisse la pleurer”, “Et votre vie de couple?”… Le cododo, surtout après 3 mois, ce n’est pas la norme, là non plus. Avec mon mari vous l’aurez surement remarqué, on a beaucoup de mal avec la norme en fait, on aime surtout faire ce qu’on veut, remettre en question cette fameuse norme lorsqu’elle ne nous convient pas.

Alors oui, on dort avec notre fille de 8 mois, et on a pas prévu d’arrêter avant que Rose et moi soyons prêtes. Rose parce que c’est un bébé qui a un grand besoin d’être rassuré. Et moi parce que le cododo a tellement réduit mon état de fatigue que je ne me vois plus me lever en pleine nuit pour rendormir ma fille alors que je peux rester allongée, au chaud dans mon lit! Quant au papa, il y trouve aussi son compte, vu qu’il ne se lève pas non plus quand c’est lui qui câline Rose pour la rendormir.

 

Le laisser pleurer. Vous vous en doutez, on a entendu des tas de fois le fameux “Mais laisse la pleurer!”. Aujourd’hui, j’ai pris de l’assurance en tant que maman, mais les premiers mois c’est dur d’entendre des “elle va prendre de mauvaises habitudes”, “elle vous manipule”, etc… Tu te remets en question, alors qu’au fond TU SAIS que tu ne veux pas laisser pleurer ton enfant.

 

Et aussi,

  • le naturel (on n’achète que des produits bio et naturels, on évite le plastique, etc…) ->  On est relous
  • le minimalisme (on veut limiter le nombre de jouets, vêtements, etc de Rose…) -> Idem
  • le végétarisme  -> on est inconscients (les carences!!!)
  • le portage -> on va en faire un bébé dépendant de ses parents
  • l’éducation positive (on aimerait par exemple éviter les punitions/récompenses, etc..) -> on est laxistes
  • maman à la maison -> je suis en vacances

Bon, je caricature un peu, mais vous voyez ce que je veux dire. Tout le monde a toujours son mot à dire sur tout.

 

Même de complets étrangers! En vrac, j’ai eu le droit à:

  • “Je crois qu’elle a faim…” alors que Rose pleurait dans le bus à Londres et qu’on rentrait de voyage, qu’on était hyper chargés et couverts et que je ne me sentais pas d’enlever mes 10 couches de vêtements pour l’allaiter pour 10 min de bus. J’ai finalement craqué car elle était épuisée du voyage (elle n’avais pas faim, elle voulait juste téter pour s’endormir…) et la dame qui m’a refait une petite réflexion en sortant du bus “Bah vous voyez ça va mieux maintenant qu’elle a mangé!”. Une française dans le bus anglais…! No comment!
  • “Mais elle ne porte pas de chaussures”. Bah non, elle ne marche pas. “Mais elle doit avoir froid aux pieds!”. Non je pense qu’au chaud contre sa mère, avec les chaussettes et la polaire par dessus, elle n’a pas froid. Mais merci.
  • “Mais pourquoi vous ne prenez pas une poussette plutôt, ce serait plus pratique!” quand j’ai demandé à une personne de m’assoir à sa place dans les transports, alors que j’avais Rose en portage.
  • “Elle n’a pas de tétine?”. Alors qu’elle pleurait et que j’avais du mal à la calmer.
  • “Elle n’est pas à la crèche cette petite”. Non, elle est avec sa maman. Mais c’est très bien aussi hein.
  • …. Je vais éviter de vous lister toutes les remarques un peu désobligeantes.

 

Heureusement, il y a aussi et surtout des personnes adorables, qui vous épaulent, vous conseillent sans jugement, vous sourient, tout simplement. Celles là vous aident énormément à relativiser les moments difficiles. Parce qu’être maman c’est magique et difficile à la fois. 

 

Voilà ce que j’ai envie de répondre quand on m’embête :)

 

Un peu de bienveillance, please!
Je n’essaye pas d’être une mère parfaite, je veux juste faire de mon mieux

 

Tout cela pour vous dire en fait, que je pense que la seule attitude à avoir avec une maman est de faire preuve de bienveillance.

Nous sommes toutes différentes. Certaines vont allaiter alors que d’autres préfèrent donner le biberons. Certaines vont vouloir retravailler rapidement, alors que d’autres souhaiteront rester auprès de leur enfant.

Et puis il y a aussi les mamans qui n’ont pas le choix.

Nous avons toutes nos propres envies, limites, aspirations. On a pas a juger parce qu’une autre fait différemment. Je suis convaincue que nous faisons toutes de notre mieux, et c’est vraiment ça le plus important!

J’ai bien conscience que cela ne part pas d’une mauvaise intention (la plupart du temps), mais ce serait tellement plus agréable d’être entourée de compréhension, d’écoute. Je crois qu’en tant que mère (et père!) on a juste besoin de se sentir épaulée, écoutée. On a envie d’échanger sur les sujets, sans forcément partager les mêmes convictions, juste pour le plaisir de raconter notre expérience, de se sentir moins seule aussi.

 

Et vous, est-ce que vous vous sentez parfois (souvent?) jugée? Est-ce qu’on vous reproche parfois aussi de “vous mettre trop la pression” alors que vous essayez juste de faire de votre mieux?

 

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Anne-Charlotte

Illustratrice & Blogueuse française expatriée à Londres, j'ai créé ce blog lors de mes préparatifs de mariage en 2012. Aujourd'hui, en plus du mariage, je vous parle de ma nouvelle vie de maman, de mes passions (aquarelle, yoga, voyage..) ainsi que des sujets qui me tiennent à coeur (écologie, minimalisme, cuisine saine, beauté naturelle, ...). Passionnée par la peinture aquarelle, je créé des faire-part de mariage & naissance, et d'autres jolies choses, à retrouver sur ma boutique en ligne.

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